Paroles de sages-femmes : Edith, sage-femme hospitalière

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Sage-femme hospitalière

Paroles de sages-femmes : Edith, sage-femme hospitalière

Temps de lecture : 4 minutes

Cette rubrique donne la parole à des sages-femmes expérimentées, passionnées par leur métier, animées d’une volonté de partager leur quotidien, leur vision et leurs espoirs pour le futur de la profession. 

À quoi ressemble une journée-type de sage-femme à l’hôpital ? Quelle est la plus belle histoire qu’elles aient vécue ? 

En cette période particulière, Maieutiko a choisi de mettre en lumière des portraits de sages-femmes qui n’ont jamais cessé d’œuvrer pour le bien-être de leurs patientes dans ce cadre inédit.

Cette fois-ci, nous rencontrons Edith, sage-femme hospitalière.

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir une sage-femme ?

L’amour des enfants m’a amenée à devenir sage-femme.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre profession ? Quels sont les avantages pour une femme à avoir une sage-femme à ses côtés ?

J’aime le contact avec les patientes. Être dans l’urgence me motive et me pousse à me dépasser. C’est avec l’adrénaline que je suis performante. Etre sage-femme fait qu’on bouge énormément. Il y a toujours quelque chose à faire.

L’avantage d’avoir une sage-femme à ses côtés pour les femmes, c’est de pouvoir parler de choses intimes qu’une femme peut comprendre, de pouvoir plus facilement se confier. Les patientes peuvent bénéficier pendant leur grossesse et les premiers mois de vie de leur bébé d’un accompagnement psychologique, au plus près de leurs besoins.

Comment se passe une journée type pour vous ?

Une journée type en consultations commence par le suivi de grossesse avec un EPP (entretien prénatal précoce) de 30 à 45 minutes où j’échange avec les futurs parents sur les questions qui les préoccupent. Je fais aussi des consultations post-natales, où je prends en charge les pathologies qui résultent de la grossesse ou de l’accouchement. Je fais également des préparations à l’accouchement en piscine.

A l’hôpital, en SDN (salle de naissance), de jour comme de nuit, j’accueille les patientes en travail, comme les bébés en salle de césarienne, et je fais des déclenchements d’accouchement. On propose les déclenchements lors du dépassement de terme (entre 41 et 42 semaines d’aménorrhée).

En SDC (suites de couche), je veille aux soins des mamans et de leurs bébés, et à ce que leurs grossesses ne soient pas perturbées en leur accordant un congé pathologique avant ou après leur accouchement. Je pratique aussi des actes d’échographie gynécologique.

J’officie sur deux « secteurs » différents : en SDC simples, et en SDC pathologiques et gynécologiques.

Votre pratique a-t-elle changé au fil des années ? Comment a-t-elle évolué après l’apparition du COVID-19 ?

Notre pratique a changé puisqu’il y a désormais beaucoup plus de protocoles et de contraintes. Même si j’ai remarqué une baisse d’accompagnement de la physiologie, on tend tout de même à y revenir. De plus, l’hôpital pour lequel je travaille vient de recevoir le label IHAB*. Certaines patientes deviennent aussi très exigeantes. 

Depuis l’apparition de la COVID-19, nous nous désinfectons constamment tout notre matériel. Je fais très attention à ne pas ramener la Covid-19 à ma famille. Vu que les durées de séjour à l’hôpital sont devenues très courtes, nous sommes davantage présentes à domicile chez la patiente. À l’hôpital, les patientes vivent mal le fait que leur conjoint ne puisse pas venir à la maternité pendant leur séjour.

*Le label IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés) récompense l’engagement des professionnels de maternité et de néonatalogie auprès des familles pour des pratiques autour de la naissance alliant sécurité médicale, qualité des soins, bientraitance et bienveillance.

Avez-vous remarqué / bénéficié d’un soutien plus présent de la part de vos consoeurs durant cette crise (remplaçantes, collaboratrices…) ?

Je n’ai pas bénéficié d’un soutien plus important de la part de mes consoeurs, en toute honnêteté. Il y a seulement eu la création d’un groupe WhatsApp pour échanger sur nos pratiques pendant la crise.

Selon vous, comment va évoluer le métier de sage-femme suite à cette crise ? Qu’est-ce qui va changer durablement ?

Je pense que l’exercice de sage-femme en libéral va se développer, comme la HAD (hospitalisation à domicile). Cette possibilité s’est développée avec la crise sanitaire. Je pense aussi que les durées de séjour post-accouchement seront désormais plus courtes.

Voulez-vous bien partager avec nous votre histoire la plus drôle / la plus heureuse de votre vie professionnelle ?

L’anecdote la plus drôle était un accouchement de nuit dans le camion des pompiers devant le SAS (service d’accès aux soins) des urgences, en plein hiver. 

L’histoire plus heureuse est celle d’une patiente qui a subi une césarienne en urgence au bout de 29 SA (semaines d’aménorrhée) pour cause de pré-éclampsie**

** Cette pathologie créée une élévation de la pression artérielle et une élévation de la quantité de protéines présente dans les urines. Non traité, ce syndrome de la grossesse entraîne de nombreuses complications qui peuvent conduire au décès de la mère et/ou de son enfant. C’est la deuxième cause de mortalité maternelle en France. 

Par chance, la petite fille est née (≈ 900 grammes). Elle et la mère vont bien.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui veulent faire ce métier ?

D’aimer les patientes et leurs bébés, d’être patiente et à l’écoute. Les conditions actuelles ne sont pas simples, il y a de moins en moins de titularisations. Le métier attire de moins en moins de monde.

Lorsque nous serons plus libres de nos mouvements, quelle sera votre activité privilégiée pour vous relaxer ?

J’irai au cinéma, au restaurant, voir des amis. J’inaugurerai mon cabinet et je serai ravie de ne plus avoir à porter de masque en permanence.

Si vous deviez exercer ailleurs, quel serait l’endroit idéal pour vous ? Pour quelle raison ?

Je n’y ai jamais vraiment songé. Je dirais en Outre-Mer pour le soleil et la mer.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour l’avenir ?

Je souhaite à chacun et chacune de pouvoir retrouver sa vie d’avant, d’être libre de nos mouvements et de ne plus avoir cette épidémie dans nos vies.

À lire aussi, le témoignage de Véronique, sage-femme libérale.

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