L’endométriose : vraie ou fausse maladie ?

Mise en relation entre sages-femmes

L’endométriose : vraie ou fausse maladie ?

Temps de lecture : 3 minutes
Pendant des années, avoir mal pendant ses règles était normal pour des générations de femmes.

Cette transmission de patrimoine douloureux était, comme dans la tradition judéo-chrétienne, la suite de l’accouchement dans la douleur.

Depuis une dizaine d’années, la maladie endométriosique a été reconnue, identifiée, systématisée. Avoir des douleurs pendant les règles ou avoir des douleurs pendant les rapports sexuels, n’est pas le fardeau de la femme en âge de procréer.

Cette symptomatologie est due à une maladie, l’endométriose, souvent familiale.

En France, l’endométriose touche près de 10 % des femmes en âge de procréer. Aujourd’hui encore, le diagnostic est tardif, par le manque d’information des patientes elle-même, des soignants (gynécologue, sage-femme, médecin traitant) ou par la notion même d’essence des règles chez la femme.

Lutter contre les idées reçues sur l'endométriose

Une échelle de douleur et une symptomatologie précises ont pu être mises en évidence, permettant d’orienter les patientes vers le bon diagnostic.

L’endométriose est l’implantation d’endomètre en dehors de la cavité utérine. Cet endomètre saigne à chaque cycle, dans une localisation extra utérine. L’endomètre colonise alors d’autres organes, entraînant des douleurs urinaires, digestives, parfois même pulmonaires !

Jusqu’à environ 2,5 millions de femmes en sont atteintes avec une disparition des douleurs quand les règles cessent, c’est-à-dire pendant la grossesse, en périménopause, ou sous pilule.

La pathologie reste sous diagnostiquée et mal prise en charge. C’est pourquoi la journée de l’endométriose est importante.

L’intérêt est de renforcer la formation et la sensibilisation des professionnels de santé et des patientes en elles-mêmes. Les sages-femmes ont un rôle clé à jouer dans cette sensibilisation.

Les soignants doivent souvent faire face à de nombreuses idées reçues, transmises de mère en fille, ou sur des forums ou les réseaux sociaux. Un exemple qu’on peut souvent retrouver : les tampons ou la cup favoriseraient l’endométriose. C’est faux !

Le rôle de la sage-femme dans la détection de l'endométriose

Les témoignages des femmes sont de plus en plus nombreux.

La sage-femme accompagne les patientes pour une prise en charge adaptée avec un traitement des douleurs, un suivi psychologique, la gestion de la maladie au quotidien, et l’accès à l’assistance médicale à la procréation.

En effet, même si la causalité n’est pas complètement établie, l’endométriose serait un facteur favorisant l’infertilité féminine. Certaines publications disent que l’endométriose est la première cause d’infertilité en France.

La sage-femme, en première ligne, permet une détection précoce dans le parcours de soins de cette pathologie, afin d éviter ainsi à sa patiente, les errances diagnostiques, et le retard de prise en charge thérapeutique.

Une prise en charge complexe

La prise en charge de l’endométriose est complexe, et elle est multidisciplinaire.

La première étape est une écoute attentive des symptômes de la femme dysménorrhées, dyspareunies, dyschésie…

La deuxième étape est de faire le diagnostic juste par un examen clinique, par une échographie pelvienne endovaginale, complétée par une I.R.M. si celle-ci ne suffit pas.

L’objectif des examens complémentaires est d’évaluer le degré de gravité et de diffusion de l’endométriose dans le pelvis de la femme pour permettre une prise en charge optimale.

La sage-femme, étant à l’écoute de sa patiente, propose des solutions personnalisées, allant du traitement par hormonothérapie (c’est-à-dire la pilule), jusqu’à la proposition d’une intervention chirurgicale, en collaboration avec un gynécologue.

La guérison complète de l’endométriose est un long parcours, mais peut-être réalisée. Souvent, elle fait appel à de la chirurgie.

L’endométriose est une vraie maladie, souvent familiale, doit être connue et reconnue afin d’accélérer la prise en charge thérapeutique, de diminuer rapidement la souffrance des patientes et de réduire le risque d’infertilité.

C’est pourquoi nous avons créé des affiches de prévention, à destination de vos patientes, à afficher dans votre salle d’attente. Vous pouvez les retrouver ici !

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